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Après toutes ces années à me tenir droite et me faire dire à presque chaque jour de mon existence depuis l’âge de 16 ans (parfois de façon respectueuse et parfois de façon plutôt primate) que j’avais un beau corps, des beaux bras, des abdos d’enfer, des belles petites fesses, des beaux cheveux… et bien c’est aujourd’hui que je sors de l’ombre et que je crie haut et fort que mon corps, mon paraître a été à la source de multiples problèmes de ma vie.

Après une enfance vécue plutôt loin des doux modèles de familles qui vivent entourés d’amour, de fierté et d’encouragement, chez nous il n’y avait rien pour laisser place au développement de l’estime de soi. Force d’admettre que dès que j’ai commencé à recevoir des compliments et voir que mon corps pouvait même devenir un ‘outil’ pour avancer dans la vie, ce ne fût pas très long que j’ai embarqué dans le bateau.

Et la roue s’est mise à tourner… Boulimie sportive, problèmes digestifs, désordres hormonaux occasionnant des up and down mentaux permanent à en penser que j’étais bipolaire.

Je vous jure que les journées où je sortais sans me faire complimenter ou regarder affectaient mon état mental. Mon ego en prenait tout un coup, cet égo qui devenait de plus en plus gourmand toujours à la recherche de buffet à volonté d’éloges pour prendre de plus en plus le contrôle de ma vie. Et le pire dans tout cela c’est que je n’étais jamais assez bien et je devenais de plus en plus exigeante envers moi-même.

Côté sympathique on repassera, admettons que j’étais loin d’être la fille la plus accessible. Sois les femmes, avouons le me « bitchais » par jalousie ou encore on me disait que j’étais « intimidante » de par ma façon de me tenir droite affichant un air d’estime de soi inatteignable. Et combien triste, peureuse et non-confiante j’étais pour la plupart de mon temps cachée derrière cet ombre. Continuellement dans la comparaison et on s’entend des ‘plus belles’ il y en avait toujours, si j’avais le malheur de voir une femme mieux que moi mon ego s’empressait de rajouter le CV de mes accomplissements (3 enfants, business, entraineur….) pour montrer (à mon ego) que MOI j’étais plus « hot ».

Combien de fois me suis-je privé à m’offrir du bon temps (amour, famille, enfants) au détriment de ce corps sacré. Mon ex avait un talent exceptionnel de cuisinier et il l’a encore je ne peux juste plus en profiter ;). Il se plaisait à me dire « tu ne veux pas voir ce que je mets dans mes recettes » car il savait assurément que soit je me limiterais sur la consommation de son art ou soit qu’il me perdait le lendemain pour une longue sortie de course afin de brûler ces excès de calories. J’avais continuellement une balance dans ma tête. Les gens croyaient que je me privais de manger….OUF si vous saviez comment j’aime trop manger ça fait partie des grands moments de bonheur de ma vie. Non le problème c’était pas l’alimentation c’était la surconsommation d’entrainement afin de préserver une image intacte.

Évoluant dans le domaine de l’entrainement avais-je d’autres choix que de me préserver ? Reste que c’était une bonne carte d’affaires avouons-le ! Et attention soyons claire, je ne viens pas militer le laisser aller, le surpoids et la mauvaise alimentation. Non je veux juste exposer ma réalité d’extrémiste perfectionniste, de cette dépendance qui a eu un impact majeur sur ma vie et qui pour être honnête n’est pas encore guérie totalement. Admettons que je suis en rémission en espérant un jour trouver le remède pour éliminer complètement la source en attendant je soigne les symptômes.

Combien de bon temps en famille, en amour ou pour moi même ai-je sacrifié pour ce corps ? Ce corps qui en fait m’emprisonnait totalement. J’étais tout simplement à la merci de cette maison qui m’abrite croyant être à l’écoute des signes mais pendant tout ce temps je ne respectais pas la personne que j’étais et je passais à côté de beaux moments. En fait j’étais à l’écoute de mon EGO, ce mini-moi qui me ramenait d’où je venais, dans les programmations de mon enfance où pour réussir et être complimentée je devais en baver et encore peu importe les efforts et résultats il y avait toujours quelque chose de pas correct. Un monde où la violence primait sur l’amour. Il était donc normal pour moi de me faire violence continuellement pour être de plus en plus « remarquée ».

Jusqu’au jour où à travers mon insatiable grande soif de connaissances dans une formation de nature thérapeutique à la recherche d’une meilleure compréhension de ce que j’appelais « la machine » j’ai eu la chance d’avoir cette professeure exceptionnelle qui a été le début d’un long processus qui découlerait sur tous les domaines de ma vie, celui dans lequel je suis présentement…

Alors que nous étions dans un weekend anatomique et que l’on étudiait les analyses posturales, enseignement que j’avais déjà eu dans un autre domaine d’étude mais qui n’avait été abordé qu’en surface (musculaire et squelettique), le professeure me demanda de lui servir de modèle devant tous les élèves. Certains de s’exprimer «on sait bien elle, elle est parfaite», sentiment de satisfaction qui soyons honnête, venait nourrir cet ego.

Bref à la finale de sa démonstration, elle demanda aux autres élèves de se placer en équipe pour débuter l’analyse de chacun sans ne jamais rien mentionner sur mes résultats et prescriptions de mouvements à faire pour corriger s’il y avait lieu.

Je lui demanda donc «C’est quoi mon résultat à moi ?» car l’analyse en surface était effectivement presque parfaite à quelques petits détails près.

Et sa réponse me résonne encore chaque jour dans ma tête, chaque jour où cet ego tente de me projeter à nouveau là d’où je viens.

« Toi Linda tu dois assouplir ton cœur »….et elle repartit comme si elle ne m’avait rien dit. Sans aucune explication.

« Assouplir ton cœur ?????? » quelle phrase clichée de YOGI… Mais de quoi elle parle. Je suis en « full shape » mon cœur est plus souple que n’importe qui, je m’entraîne, je fais du yoga, je respire, je médite….Ce cœur il est « parfait »…

Cette phrase a résonné encore plusieurs mois dans ma tête me demandant continuellement ce qu’elle avait voulu dire car trop fière pour oser lui dire que je ne comprenais pas. Jusqu’au jour où….

Bon comme mes textes sont trop longs je vous reviendrai avec la suite dans un futur rapproché ☺

En attendant vous pouvez toujours me partager votre perception sur le sens de cette phrase. Et comme on est tous unique probablement que les perceptions de chacun seront différentes.

Sans jugement et sans critique
Peace, luv and ….

Petit extra tiré de mon film fétiche « eat, pray and love » si le coeur vous en dit:

La physique de la quête : une force dans la nature régit par des lois aussi réelles que la loi de la gravitation. Le principe de la physique de la quête s’énonce à peu près ainsi : Si vous êtes assez courageux pour abandonner tout ce qui vous est familier et rassurant et qui peut consister en n’importe quoi de votre maison à de vieux ressentiments pour vous embarquez dans un voyage à la recherche de la vérité qu’elle soit extérieur ou intérieur et si vous être vraiment disposer à considérer tout ce qui peut se passer au cours de ce voyage comme un signe et si vous accepter de voir en les personnes que vous rencontrez en chemin des professeurs … Si enfin, vous êtes prêt par-dessus tout à affronter certaines réalités très cruelles de vous-même et à leur pardonner alors la vérité ne vous sera pas refusée …

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